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Annie Abrahams

Mission FCTA – plus d’informations (protocole)

Performance  Mission FCTA (Faire Confiance à la Technique des Autres) le 23 mars à 16h30 au CNES.

Jean-Luc Soret, Urte Amélie Fink, Emilie Schalck, Karen Guillorel, Vanessa Vallée, Lili Mamath, Aniara Rodado, David Guasgua, Séverine Delbosque, Romaric Tisserand et David Ferrag sont les volontaires qui vont être “mon vaisseau de chair et de sang”.
portertest de portage 19 mars CNES

Leur Mission :
– ne pas me laisser tomber, me garder en “apesanteur”
– rester unis
– s’organiser pour que je puisse rester (via ma webcam, mon streaming) en contact avec l’extérieur
– gérer la fragilité de la connexion
– répondre aux commandes et faire face à tout ce qui vient de l’extérieur

Avant la performance ils ne se connaissent pas. Ils viennent d’horizons différents : ils sont commissaire d’expositions, productrice, danseuse, chorégraphe, plasticien(ne), metteur en scène, auteur et bien d’autres choses. Ils n’ont passé que deux heures ensemble pour se préparer. Mission FCTA n’est donc pas seulement une performance, mais aussi une expérience en auto-organisation, sur laquelle je demande au public de poser un regard “complice”.

Le vaisseau évoluera dans la salle parmi le public et sera confronté à des interventions de l’extérieur d’Igor Stromajer (Frankfurth), Nicolas Frespech (Montélimar) et Laurie Bellanca (Montpellier).
Igor sera l’étranger, l’autre, celui qui est loin – comme dans la performance Beyond Spectacle à Edinbourgh en 2012 bram.org/huisclos/beyond nous n’aurons pas de langue en commun.
Nicolas interviendra sur l’intimité – en référence à notre performance L’un la poupée de l’autre bram.org/confront/sphere  à Beaubourg en 2007.
A Laurie, qui a participé à plusieurs performances dans le cadre de Angry Women bram.org/angry/women, j’ai proposé d’intervenir avec le son, elle pourrait aussi prendre les commandes du vaisseau (à distance).
Je n’en sais pas plus.

Le protocole de la performance est disponible en .pdf

Quand Gérard Azoulay, responsable de l’Observatoire de l’Espace du CNES et directeur artistique de Sidération, le festival des imaginaires spatiaux (du 22 au 24 mars),  m’a demandé de réfléchir sur un projet autour du thème de la différence, j’ai d’abord pensé à la complexité et aux différentes formes et problématiques de communication dans un vaisseau spatial. (Communication entre les spationautes et leur vaisseau, entre le vaisseau et les centres de contrôle sur terre, entre des spationautes de langues et cultures différentes, entre les spationautes et leurs amis et familles)
Puis je me suis rappelée que pendant très longtemps j’utilisais une métaphore de sous-marin ou vaisseau spatial pour décrire ma relation au monde. Un sous-marin navigue dans un monde grâce à ses instruments de bord, grâce à ce que ceux-ci lui font apercevoir de ce monde. Ces instruments de bord filtrent toutes les informations, pour n’en garder que celles qui lui sont nécessaires pour une bonne navigation. Je me sentais comme ce navire, mais je n’avais pas envie de limiter ma connaissance du monde à ce que mes instruments par expérience et habitude me rendaient accessible. Dans ma perception il fallait donc faire entrer d’autres informations, même si celles-ci pouvaient être potentiellement dangereuses pour mon système de navigation.
Ces idées venaient de mon intérêt pour ce qu’on appelle des systèmes en autopoïèse ( un concept de Maturana et Varela ), mais aussi des théories de catastrophe, les systèmes en stabilité relative et le concept de clôture opérationnelle. A l’époque j’y avais puisé des idées sur l’auto-organisation que je “teste” encore aujourd’hui dans mes performances collaboratives où je mets en jeu des personnes qui ne se connaissent pas autour d’un protocole simple.

Voilà d’où vient ma motivation pour cette performance.

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Archives 2008 – 2011

Annie Abrahams
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