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Annie Abrahams

Altérités Technologiques

Lundi 17 janvier -Vendredi 21 janvier 2011. Séminaire PHITECO [SC01]
Altérités Technologiques , UTC Compiègne.

Lundi 17 janvier<
14h00-17h30. Médiation technique et rapport à autrui.
14h00. Présentation.
14h30. Fabrice Métais (philosophie. UTC). Altérité radicale d’Autrui et inscription, (avec Lévinas).
15h30. Annie Abrahams (cyberart). Le travail collaboratif ne démarre pas au quart de tour…
16h30. Bernard Stiegler (philosophie. IRI, UTC). Pharmacologie de l’autre et du même à l’époque de la transindividuation numérique.

Pour informations complémentaires et le programme des autres jours : http://www.utc.fr/~jguignar/PHITECO.pdf

Altérités technologiques
Les technologies modifient nos rapports à l’altérité : nouvelles technologies de l’information et de la communication (en particulier les nouveaux réseaux sociaux), nouveaux dispositifs technologiques d’accès à la présence d’autrui (environnements virtuels ; perception à distance, en particulier tactile), technologies d’investigation du corps humain (notamment la cartographie génétique ou l’imagerie cérébrale).
Mais, en même temps que les médiations techniques semblent affecter notre rapport à autrui, peut-être permettent-elles aussi d’en dévoiler les conditions de possibilité et d’en mieux comprendre la nature. Les technologies modifient les altérités, voire en produisent. Ainsi si le visage est par excellence autrui en sa présentation, faut-il méditer que nous pouvons maintenant intervenir techniquement de manière radicale sur cette présentation grâce en particulier à la greffe de visage. On notera aussi que le « Cyborg »est l’emblème contemporain pour tous les mixtes d’organique et de machine qui peuplent notre monde, troublent la frontière entre vivant et non-vivant et tout aussi bien la frontière entre humain et non-humain. De manière générale, de plus en plus, la question de l’altérité ne se pose plus seulement en terme d’intensité (autrui tranchant sur tous les autres ordres de réalité et ne se réduisant à aucun), mais aussi en terme de diversité : quels êtres valent comme « autrui » ? Les autres êtres humains (mais où « commence l’humain? » et « où finit-il? ») ? Les animaux ? Le « cyborg » ? Les drones et autres machines en un sens « autonomes » ? Inquiétude contemporaine : on ne sait où clore la liste, et s’il le faut.
Il y a toujours eu une altérité de la technologie, miroir du biologique. Mais pourquoi ces autres que sont les machines ne sont toujours pas considérées comme « autrui » ? Il y a plus que jamais une technologie de l’altérité, puisqu’autrui se présente technologiquement. Mais où est autrui s’il est interrogé depuis son dévoilement technique ?
Ce séminaire, fidèle à son exigence trans-disciplinaire, voudrait interroger ce que les technologies font aujourd’hui à l’altérité, mais aussi dans quelle mesure l’altérité aura toujours été inscrite au cœur de la problématique de la technique.

Le travail collaboratif ne démarre pas au quart de tour…
Le web serait un espace public de solitude? Je le confirme depuis 1996, l’année où je commençais à travailler sur l’internet. A l’époque je disais faire mon travail pour cet autre que je ne connaissais pas, cet inconnu tout seul devant son écran dans son propre environnement. Il/elle n’existait ne que dans ma tête et n’était donc rien d’autre que ce que je m’imaginais de l’être. Se connecter à l’internet, au web était une façon de se confronter à – et d’expérimenter avec cet autre dans soi.
Puis avec les langages de programmation comme javascript et php le web est devenu plus interactif. Un simple script permettait p.e. de faire écrire des personnes ensemble et de créer ainsi un début à un langage de la multitude. Etant convaincue de la beauté et l’intérêt de ce langage, j’expérimente son impact dans les multiples réactualisations possibles.
Aujourd’hui les outils web 2.0 rendent les échanges plus faciles mais, je ne crois pas que la situation a beaucoup changé. Les moules préfabriqués par les géants du net servent surtout à vampiriser nos données et nous incitent ne plus à la méditation de l’autre dans soi, mais à la médiation de soi.
Toute tentative de communication véridique reste aussi fragile comme elle l’a toujours été. En utilisant les machines elle devient encore plus fragile pour plusieurs raisons dont la plus importante me semble le manque de vocabulaire et d’outils d’analyse pour décrire nos sensations et perceptions de ce type nouveau. Une bise par écran interposé est un dessin fait avec la langue. Vous me comprenez? Annie Abrahams Janvier 2011

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